Retour à «l’anormal» : La transformation du rôle du gestionnaire

Le retour au bureau ? Déjà ?

Eh oui ! Après une longue période d’isolement, il est normal que ce sujet fasse couler de l’encre dans l’actualité. Plusieurs peuvent entretenir des hésitations et des dilemmes, notamment en dressant la liste des pour et des contre.  Simultanément, d’autres s’interrogent sur les risques et les conseils à suivre afin d’assurer un retour en présentiel efficace et sécuritaire.

Les gens sont impatients de revivre les rapports professionnels en présentiel et de renouer avec le plaisir du travail d’équipe. Or, tant que la distanciation sociale sera la norme, la réalité est que les tours à bureaux ne pourront pas accueillir tous leurs employés immédiatement. Une logistique rigoureuse est de mise en cas d’une éventuelle éclosion[1].
En effet, en faisant émerger de nouvelles attentes et de nouveaux besoins au sein des entreprises, l’impact de la COVID-19 marque un virage dans l’ère du management traditionnel.

Comment le «retour à l’anormal» influencera-t-il les pratiques managériales ? De plus, comment le rôle du gestionnaire en sera-t-il marqué ?

La crise : un accélérateur de changement

Tout d’abord, les thématiques telles que le télétravail, l’autonomie des employés, et le management par le sens ne sont pas nées avec la crise. Ces dernières occupaient simplement une place moins dominante parmi les préoccupations stratégiques des organisations. La crise sanitaire les a portés sur le devant de la scène professionnelle en en faisant des leviers stratégiques pour non seulement attirer et retenir les talents au sein des organisations, mais également pour piloter leurs opérations de manière plus efficiente.

Cerner les besoins de flexibilité et y répondre rapidement  

Un des atouts majeurs du gestionnaire sera sa capacité à cerner rapidement les besoins de son équipe pour y répondre rapidement et avec flexibilité. Or, en tant que manager, n’ayez pas comme attente que chacune de vos décisions soit un gage de succès… La vérité ? Quelle que soit la résolution adoptée, l’impact aura un effet certain sur votre organisation et la satisfaction de tous est presque impossible.

À cela, on ajoute le fait que 70% des programmes de changements dans l’organisation n’aboutissent pas, selon McKinsey & Company[2]. Cela s’explique par le fait qu’une bonne partie des personnes sont récalcitrantes face au changement, ce qui donne un parcours semé d’embûches. Et l’heureux 30% restant? Si vous voulez en faire partie, l’art réside dans la gestion de la transformation – celle qui affectera tous les axes organisationnels tant verticaux qu’horizontaux.

Gérer de manière participative et transversale

Fini la verticalité des décisions, place à encore plus de collaboration. Celle-ci est dorénavant placée par les employés comme une attente prioritaire au sein des organisations. Le gestionnaire performant gagnera en légitimité en déléguant encore davantage pour encadrer des employés vers plus d’autonomie et de responsabilités.

De plus, une nouvelle dynamique plus coopérative s’est mise en place durant la crise sanitaire. Cette dernière amène les équipes à rompre leur silo pour travailler de manière plus transversale. Chaque équipe est mobilisée au front, rattachée à un but, à une vision commune et globale. Le tout en relayant au second plan ses objectifs stratégiques propres pour se centrer sur le passage de cette crise globale. Le gestionnaire aura alors à développer davantage de transversalité au sein des équipes.

Faire rimer travail avec accomplissement : le contrôle versus la confiance

Le bonheur au travail est une thématique présente depuis plusieurs années. Elle s’est d’ailleurs imposée au cours de la dernière année comme un incontournable levier managérial. Si les employés demeurent attachés à leur travail, ils n’en font plus une priorité absolue. En effet, l’adoption du télétravail a permis davantage de confort en termes de flexibilité d’horaires et d’organisation quotidienne, un acquis qu’une large majorité d’employés souhaite conserver après la crise. Le management par le contrôle laisse donc sa place au management par la confiance.

Réinventer le sentiment d’appartenance: prêts pour le Phygital ?

L’essor du télétravail est indiscutable et son ancrage dans les organisations de demain est fort, il n’y aura pas de retour en arrière. Mais, qu’en est-il du besoin de lien social? Les employés expriment de plus en plus leur besoin de renouer avec l’humain, en souhaitant un retour au travail ponctuel et non sur une base régulière, en équilibrant télétravail et présentiel. Le télétravail a ses vertus, mais à temps plein, il impacte la motivation et l’engagement des employés. Pour répondre aux attentes de leurs employés, le monde du travail de demain, baptisé par certains Phygital, sera un équilibre entre télétravail et présentiel. À sa tête se trouveront des managers équilibristes capables de transmettre la culture d’entreprise en maintenant le sentiment d’appartenance.

Renforcer la culture de la rétroaction

Si le gestionnaire traditionnel utilise régulièrement la rétroaction dans sa boite à outils, celui-ci va connaître une évolution. Les besoins d’autonomie et de délégation deviennent encore plus présents pour les employés. Ces nécessités vont de pair avec le besoin d’être inspiré et accompagné par des gestionnaires-coach. Ainsi, pour permettre à son équipe de déployer son plein potentiel et atteindre ses objectifs de manière efficace, le gestionnaire performant aura à maitriser l’art de donner et de recevoir de la rétroaction authentique.

Favoriser le bonheur et la santé mentale au travail

Enfin, la crise sanitaire a mis en exergue l’importance de prendre en considération la santé mentale des employés sur une base régulière. Le gestionnaire de demain aura un rôle crucial pour sonder subtilement et de manière authentique le bien-être de son équipe. Une de ses compétences sera alors de détecter les « signes de vigilance » d’une potentielle détresse psychologique de ses employés. C’est bien en faisant preuve d’intelligence émotionnelle pour écouter, comprendre, et accompagner son équipe, qu’il atteindra ses cibles de performance.

Pour conclure, cette pandémie aura permis de remettre le manager au centre de l’organisation. Celui-ci doit se rappeler l’importance d’assumer plus que jamais son rôle de leader à la fois stratégique et empreint d’humanité.

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SOURCES:

[1]  Fournier, Marie-Ève (2021, 20 mai). «La recette du retour dans les tours », La Presse, section Affaires. Récupéré de  https://www.lapresse.ca/affaires/2021-05-20/la-recette-du-retour-dans-les-tours.php

[2] Stamenova, Asya (2020, 28 avril). 10 étapes pour un bon processus de gestion du changement, Lumaps. Récupéré de https://www.lumapps.com/fr/blog/gestion-du-changement/10-etapes-pour-un-bon-processus-de-gestion-du-changement/

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