Retour au travail : Gérer les demandes des employés

Plus tôt cette semaine, dans le sud de l’Alberta, les travailleurs de l’usine de viande Cargill ont tenté d’empêcher sa réouverture, affirmant que la grande majorité craignaient d’y retourner. « Aucun travailleur canadien ne devrait à aucun moment se sentir obligé d’aller travailler dans des conditions dangereuses », a déclaré la vice-première ministre Chrystia Freeland.

Avec la réouverture des entreprises, beaucoup d’employés sont inquiets et se demandent s’ils ont le droit de ne pas revenir. Dans un tel contexte, comment gérer leurs demandes?

La gestion des préoccupations des travailleurs est l’une de vos responsabilités en tant qu’employeur. Vous devrez être irréprochable au niveau des normes et des mesures de sécurité. Nous vous rappelons qu’un employé qui ne se sent pas en sécurité peut appeler les Normes du travail et qu’une enquête sera menée. Si l’employeur a été négligeant, les employés pourront alors accéder à une indemnisation. C’est dire que personne ne sort gagnant de la négligence.

Vous devez ainsi vous interroger et impliquer votre comité de santé et de sécurité afin de déterminer si le refus de revenir travailler est justifié. S’il n’y a aucun risque (mesures sanitaires rigoureuses, aucune personne malade sur le site), vous pourrez rassurer vos employés sur la sécurité du lieu.

Il est dans votre meilleur intérêt d’être à l’écoute des demandes d’employés. Selon , Mélanie Gauthier,CRHA et Consultante en RH à Iceberg Management : « Il faut avoir une main de fer dans un gant de velours pour gérer ce genre de situation. On comprend les craintes de l’employé et il faut démontrer de l’empathie ».

Si des employés ont des personnes à charge, permettez-leur de maintenir le télétravail et les horaires atypiques. Si vous ne pouvez réellement plus opérer en télétravail après la réouverture, vous pouvez autoriser un retour progressif sur le lieu de travail. Le temps partiel et les congés sans solde sont parmi les options possibles. La semaine de quatre jours, avec ou non une réduction de l’horaire, est aussi une option à considérer.

Lorsque vous rappelez à votre employé que le congé est terminé et que le lieu de travail est rouvert, il n’est pas possible pour un salarié de refuser de travailler, tout en continuant à percevoir des allocations. L’employeur sera en droit de considérer qu’il s’agit d’une forme de mauvaise conduite, comme de l’absentéisme, ou parfois d’une démission, ce qui signifie que le travailleur perdrait son emploi et tout avantage qu’il reçoit actuellement.

En effet, Mélanie Gauthier, CRHA conclut : « On veut tout faire pour résoudre les craintes de l’employé en amont. Mais il faut être ferme sur le retour à la date prévue, sinon des mesures disciplinaires pourrait s’appliquer (absent sans justification) pouvant aller jusqu’au congédiement. Le gestionnaire doit être en contrôle de la situation ».

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