Recrutement international : ce que la France m’a appris

La semaine dernière, j’accompagnais notre client Projexia dans une mission de recrutement international à Paris lors de l’événement annuel intitulé « Journées Québec ». Assistée d’une consultante SAP, nous avons mené 35 entrevues très intéressantes, dont 13 candidats se sont hissés au rang de 1er choix. Et ce décompte n’inclut même pas les « plans B ». C’est dire comme ce fut une belle expérience !

Au terme de ce processus, notre client pourra embaucher 6 nouveaux employés très prometteurs. Trop beau pour être vrai ? Il semble que non.

Cette mission en France m’a confirmé ce que je pressentais : les pays où le taux de chômage n’est pas aussi bas contiennent en leurs frontières une mine d’or de candidats qualifiés, éduqués et raffinés. Tous détenaient des diplômes et des certifications dans leur discipline, un vocabulaire riche et soutenu, un fort niveau d’intérêt et de préparation pour l’entrevue ainsi qu’une attitude très professionnelle et engagée. Et c’est sans compter qu’ils avaient tous des attentes salariales raisonnables ! Laissez-moi vous dire que l’effet « wow » était au rendez-vous. De plus, la grande majorité des candidats avaient acquis une expérience enviable, souvent même à l’international, en plus d’être bilingues avec un très bon niveau d’anglais. Mais sur quelle planète étais-je tombée ? Après plus de 12 ans à me spécialiser dans le recrutement dans notre belle province aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre qui s’étire, j’étais subjuguée par le succès de ce recrutement. C’était littéralement exaltant.

Et notre client en TI n’était pas seul : l’entreprise manufacturière de Thetford Mines assise à côté de notre table effectue le recrutement international chaque année de soudeurs-assembleurs qualifiés qu’elle fait immigrer au Canada. Selon eux, non seulement les candidats sont très intéressants mais leur croissance ne serait pas possible sans cette immigration. Et comme nous, ils vont directement à la source pour les embaucher.

Ce que la France m’a appris dépasse le fait qu’ils regorgent de candidats qualifiés prêts à immigrer et à travailler au Québec. Ce que la France m’a appris c’est que le Québec recule présentement. La conjoncture économique du Québec réduit les taux de diplomation et le respect général à observer pour son employeur. Au cours de ce voyage, mon associée Médina me faisait observer qu’il n’y aurait pas de pénurie de main-d’œuvre (et tous ses effets pervers), si les gens ne surconsommaient pas. Sans la surconsommation, les entreprises produiraient moins (et la planète se porterait mieux). Serait-il possible de produire moins en quantité et plus en qualité, et de hisser le Québec au rang de leader mondial pour des produits et services difficilement imitables ?

Auteure

Julie Tardif

Directrice commerciale, Cofondatrice & Associée

Conférencière & Formatrice agréée

Consultante en ressources humaines

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