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Travailler moins, mais travailler mieux : la semaine de 4 jours, la recette pour vous ?

Semaine de 4 jours

Travailler moins, mais travailler mieux : la semaine de 4 jours, la recette pour vous ?

Au Québec, la conventionnelle semaine de 5 jours est un modèle capitaliste fordiste. Elle aurait été repris de nos voisins états-uniens. En effet, la semaine de travail de 40 heures, le minimum de 2 semaines de vacances ainsi que le salaire minimum auraient été instaurés durant les années soixante, grâce au gouvernement minoritaire de Pearson[1]. Depuis, le monde du travail a beaucoup évolué, mais pas tant l’horaire régulier. Actuellement, on constate qu’une nouvelle tendance en Amérique du Nord, inspirée de l’organisation du travail européenne (scandinave) gagne en popularité. Il s’agit de la semaine de 4 jours. Que diriez-vous de remettre en question le statu quo? Certains disent que c’est l’avenir !

Comment cela s’articule-t-il avec les opérations?

Concrètement, l’idée est de réduire la semaine de travail a 4 jours par semaine. Toutefois, sans augmenter le nombre d’heures par jour ni de réduire le salaire. Comment cela est-il réaliste ? Où sont les gains, et pour qui ? La faisabilité pour ce genre de transformation n’est pas la même dépendamment du secteur d’activités et du type de d’industrie. Il ne faut pas oublier qu’il n’est pas obligatoire d’adopter ce modèle drastiquement. Par exemple, chez l’entreprise montréalaise Poche et fils, dans le cadre du projet pilote, ils ont tout d’abord implanté le 4 jours semaine pour 9 mois par année. Finalement, comme le projet était prometteur, ils ont décidé d’offrir cet horaire pour l’année complète, à quelques exceptions près. En effet, ils exigent deux journées de bénévolat par année, un vendredi lors des fins d’année (période achalandée) et 4 jours de travail, même lors des semaines où il y a un jour férié.[2]

Et qu’en est-il de la productivité?

Les études sont unanimes, la semaine de 4 jours aurait un impact très positif sur la productivité. Notamment, Microsoft a décidé de tester l’idée pour un mois dans ses bureaux japonais, où travaillent plus de 2 300 personnes. Sans surprise, ses employés en sont sortis plus heureux. Ce qui surprend plus est que leur productivité a augmenté de près de 40 %»[3]. Ces impressionnants résultats s’expliqueraient par une meilleure planification et organisation du temps et des réunions. Bref, des travailleurs satisfaits, moins d’heures et plus de productivité, c’est tentant, non?

Est-ce une recette toute faite ?

Le danger est de croire que les pertes de temps et les réunions trop longues se concentraient toutes le vendredi, ou lors de cette journée que vous souhaitez couper. Les employés ne concentrent pas leurs pertes de temps dans une journée, mais bien sûr l’étendue de leur semaine. Les gains de productivité s’expliquent par le fait que les employés ont les mêmes objectifs à compléter en moins de temps. Et si votre organisation était déjà très performante ? Nous pensons aux organisations adeptes des principes en Lean, aux entreprises qui ont déjà calculés comment faire plus avec moins sur les chaines de montage, et dans les centres d’appel. Moins de journées de travail, moins de production donc. Dans les organisations comme chez Iceberg Management où la chasse aux gaspillages est déjà bien entamée depuis longtemps, et où les réunions inutiles sont proscrites, on se demande bien quelle productivité on irait chercher. Et si on demande aux employés de maintenir la même cadence, les mêmes quotas de production en 4 jours au lieu de 5 jours, n’y a-t-il pas des risques inhérents à la santé et à la sécurité ? Bien sûr que oui.

Jusqu’à présent, les études de cas réels sur ce genre d’initiative sont très prometteuses. En plus de réduire l’absentéisme considérablement, la semaine de 4 jours agirait comme un levier pour contrer la pénurie de main d’œuvre. En effet, il s’agit d’une condition d’emploi très attractive et ayant pour effet de bonifier le salaire de … 20% ! Ouf ! Un pensez-y bien ! Chez nous, les principes du Lean priment, et si une ressource souhaite faire des semaines de 4 jours, elle est rémunérée proportionnellement. Comme quoi toutes les recettes peuvent coexister !

 

Par Audrey Othot et Julie Tardif, CRHA

Rédactrices du blogue RH – Espace Conseils Iceberg Management

 

[1] https://www.newworldencyclopedia.org/entry/Lester_B._Pearson

[2] https://isarta.com/infos/la-semaine-de-4-jours-chez-poches-et-fils-fin-de-lexperimentation-laventure-continue-toute-lannee/

[3] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1375827/microsoft-japan-fin-de-semaine-3-jours-test-experience-experimentation