Expatriation, 3 phases où le gestionnaire a besoin de coaching

Vous êtes nombreux à nous avoir signalé votre surprise lorsque dans un précédent article nous mentionnions qu’il y avait 3 phases dans l’expatriation. La plupart des personnes considèrent en effet que l’expatriation consiste à partir et s’adapter. Revenir dans le pays d’origine serait selon ces mêmes personnes une simple formalité puisque, après tout, c’est un retour en terrain connu. Connu oui, cependant cette étape est loin d’être la plus facile. Ensemble, passons en revue les 3 phases de l’expatriation où le gestionnaire a besoin de coaching.

Préparer son départ en expatriation

La préparation de l’expatriation est une phase non négligeable bien que très souvent bâclée. C’est pourtant le moment où, si on en croit le cycle du changement le gestionnaire va entamer l’étape du deuil. Outre le dramatisme de ce mot, cette étape consiste à prendre conscience de ce à quoi il va dire au revoir pour quelques temps. Il peut s’agir de ses collègues actuels, de la zone de confort dans laquelle il évolue depuis quelques mois dans son poste, de tout le sens politique dont il a usé ces derniers mois, construisant ainsi un réel réseau. Cela peut également toucher les fins de semaine au chalet, ses amis, son équipe sportive. Cela impacte tant le personnel que le professionnel. Il est primordial de conscientiser qu’un joli « copier-coller » de son quotidien actuel ne sera en aucun cas une option dans le pays qui l’accueillera.

C’est également une phase au cours de laquelle peuvent naître des craintes et des doutes. Serais-je à la hauteur? Vais-je mener à bien ma mission? Ai-je eu raison d’accepter de partir dans un pays dont je ne parle pas la langue? Comment mon conjoint va -t-il s’adapter? Est-ce que cette opportunité de carrière ne va pas être un défi trop grand pour moi et pour notre couple? Autant de question auxquelles il est important de répondre avant le départ afin de libérer un maximum d’espace pour les interrogations et nouveautés qui arriveront immanquablement une fois sur place.

S’adapter dans son pays d’expatriation

Le nerf de la guerre est bien évidemment l’adaptation sur place. Il existe même une « courbe de l’expatrié », basée sur les études d’Elizabeth Kubler Ross, psychiatre Suisse-Américaine. Cette courbe indique plusieurs phases que je décris très succinctement ici.

  • La lune de miel. L’émerveillement de la nouveauté. L’expatrié ne sait plus où donner de la tête tellement ce chamboulement de ses habitudes lui indique que oui, mille fois oui, cette décision de partir était la bonne option.
  • Vient ensuite la prise de conscience que toutes ces nouveautés ne vont pas s’évanouir au bout de 2 semaines comme lorsque le gestionnaire est en vacances. Elles sont là pour durer pour la simple et bonne raison qu’il est lui-même dans ce nouveau pays pour plusieurs années. C’est la phase de la désillusion. La phase où il bataille avec lui-même pour s’adapter à cette nouvelle réalité faite de nouveau processus, de nouveaux codes, de noms de collègues parfois imprononçables ou encore de réseau professionnel inexistant.
  • Petit à petit évidemment, le temps fait son travail et l’expatrié trouve un équilibre entre cette nouveauté et sa façon de vivre. C’est l’adaptation.

La courbe de l’expatrié

La courbe de l’expatrié étant une tendance, il n’y a pas de délai précis pour chacune des phases. Cela varie d’une personne à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une expatriation à l’autre. Il est cependant important que le gestionnaire qui arrive dans son nouveau poste à l’étranger ait conscience de cette réalité afin de s’y adapter à son rythme. Lorsqu’il travaille avec un coach professionnel, le gestionnaire est épaulé dans la mise à plat de ce grand ménage de printemps qui s’impose entre ce qui constituait jusque-là sa norme, et ces innombrables nouveaux éléments qui doivent être implantés dans son quotidien. Tout cela tant sur le plan personnel que professionnel… sinon bien évidemment ça manque de saveur!

L’expatrié qui affronte seul cette avalanche de nouveautés peut bien évidemment s’en sortir. Cela lui prend cependant beaucoup plus de temps et d’énergie. C’est ce qui entraîne parfois des retours d’expatriation prématurés car le gestionnaire ne se sent pas à la hauteur de l’expérience et ne sent pas avoir l’énergie nécessaire.

L’impatriation : préparer le retour dans son pays

Une fois ces ascenseurs émotionnels traversés, l’expatrié doit également préparer son retour. C’est d’ailleurs la dernière étape de la courbe de l’expatrié qui termine par une chute vertigineuse puisqu’à nouveau l’expatrié doit faire face à un deuil. Le quotidien qu’il a construit dans son pays d’accueil ne peut être emporté dans les valises. A la complexité de rentrer dans le pays d’origine qui peut, dans certains cas, être vécu comme un retour en arrière si le poste proposé ne marque pas une évolution significative, il y a une réelle dualité qui s’opère en chaque expatrié.

La personne qui revient n’est plus la même que celle qui est partie. Elle a ouvert son esprit, fait de la place pour certains éléments d’une autre culture tant eu niveau professionnel que personnel. Elle a intégré de nouveaux mécanismes. Il est tout aussi compliqué pour cette personne de les laisser de côté qu’il est délicat pour l’entreprise (qui était ravie de trouver un volontaire pour partir) de souhaiter remettre le gestionnaire dans un moule. Malgré cette ambivalence, l’entreprise doit faciliter la cohabitation entre les employés qui sont restés au pays et n’ont pas ou peu évolués dans leur perspective et vision de la compagnie et les expatriés qui reviennent avec une multitude de nouveautés en tête, prêts à les implanter.

Une expatriation, de multiples réalités

Il y a autant de réalité face à ces 3 phases de l’expatriation que d’expatriés. Chacun vit en effet les choses selon ses propres perceptions et filtres. Il est de ce fait d’autant plus important d’accompagner vos gestionnaires dans leur parcours avec un accompagnement individuel et personnalisé. Cela leur permettra de dompter la phase dans laquelle ils se trouvent avec plus de fluidité.

Chez Iceberg management, nous vous proposons des formations répondant spécifiquement à vos besoins en fonction de la phase dans laquelle se trouve vos gestionnaires. Nous avons également la possibilité de proposer du coaching en français et en anglais à vos expatriés. J’ai personnellement travaillé et vécu plus de 15 ans entre l’Europe, Asie et maintenant le continent Américain. J’ai également accompagné de nombreux gestionnaires dans leur parcours à l’étranger. Je serais ravie d’échanger avec vous sur vos défis actuels et à venir et de vous indiquer comment je peux accompagner à la fois votre entreprise et vos gestionnaires.

Au plaisir de vous lire.

Auteure

Ophelie Therrien

Coach professionnelle certifiée & Formatrice


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